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La chirurgie mini‑invasive transforme les soins aux patients de L’HO

En février 2007, trois mois à peine après son mariage, Kevin Shah et sa famille ont eu tout un choc en apprenant que ses problèmes de vision étaient causés par une tumeur à la base de son cerveau.

Malgré deux chirurgies subies en Inde, le pays natal de M. Shah, une partie importante de la tumeur n’avait pu être enlevée.

« Nous étions un peu surpris de voir que les chirurgies n’avaient pas fonctionné, déclare M. Shah, mais la tumeur était très, très profonde et les médecins ne pouvaient pas l’atteindre. »

C’est en 2012 que M. Shah est venu à L’Hôpital d’Ottawa pour se faire traiter par l’une des équipes les plus avant-gardistes au monde.

La chirurgie mini‑invasive à L’Hôpital d’Ottawa

L’Hôpital d’Ottawa a subi une incroyable transformation au cours des dernières années. On y célèbre maintenant une réalisation extraordinaire : un programme de chirurgie mini‑invasive de calibre mondial faisant appel à la technologie et à des techniques novatrices qui causent le moins de traumatismes possible chez les patients comme M. Shah.

À partir d’un plan stratégique qui a pris forme sous la direction du Dr Poulin en 2006, les dirigeants de l’Hôpital ont fait de la chirurgie mini‑invasive une priorité de toute première importance. Ils ont commencé à recruter de nouveaux médecins, à construire de nouvelles installations et à mettre en place certaines des meilleures technologies au monde. Résultat? Le programme de chirurgie mini‑invasive de L’HO offre à des milliers de patients de tout l’Est ontarien, du Canada et du monde un rétablissement plus rapide et moins douloureux.

« Le défi pour les chirurgiens a été de rendre l’aventure chirurgicale aussi simple qu’une visite chez le dentiste », souligne le Dr Éric Poulin, chef du Département de chirurgie. « Pouvez-vous imaginer subir une opération qui vous garde au lit jusqu’à six semaines ou trois mois plutôt qu’une opération qui vous permet de retourner au travail la semaine suivante? »

« Au fil des ans, la technologie chirurgicale a progressé à pas de géant, affirme le Dr Poulin. Bien avant la chirurgie mini‑invasive, une opération à la vésicule biliaire nécessitait un séjour à l’hôpital de neuf jours. Maintenant, plus de 90 % des patients sont traités en clinique externe sans être hospitalisés. »

Au cours de la dernière année, l’Hôpital a effectué des chirurgies mini‑invasives révolutionnaires dans tous les secteurs : de la chirurgie bariatrique à l’urologie, en passant par la gynécologie et la neurologie, pour ne nommer que ceux-là.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’une aussi grande portion de la tumeur soit enlevée. »

M. Shah a été dirigé vers deux chirurgiens de l’Hôpital : les Drs Amin Kassam, chef de la Division de neurochirurgie, et Martin Corsten, chef du Département d’oto-rhino-laryngologie et chercheur clinicien à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa (IRHO). Au moyen du NICO Myriad, un instrument de pointe minuscule mais extrêmement précis qui peut servir à la fois de ciseaux, de dissecteur et de dispositif d’aspiration, les chirurgiens ont pu pratiquer l’opération en passant par le nez et les sinus de M. Shah. Ils ont ainsi enlevé 90 % de la tumeur sans impact majeur pour le tissu du cerveau environnant.

M. Shah a pu quitter l’hôpital après trois jours seulement.

« Je me sens super bien, confie-t-il. On ne se douterait pas à me regarder que j’ai subi une longue et pénible opération. »

« Je ne m’attendais pas à ce qu’une aussi grande portion de la tumeur soit enlevée », avoue Jayprakash Shah, le père de Kevin. « C’est un vrai miracle. »

Les Drs Kassam et Corsten travaillent ensemble depuis un certain nombre d’années et ont consacré la majeure partie de ce temps à perfectionner les techniques de chirurgie mini‑invasive et à faire des recherches dans le domaine.

« Il ne s’agit pas simplement d’éviter de faire des incisions, parce qu’on peut vivre avec des incisions, déclare le Dr Corsten. La chirurgie mini‑invasive réduit de façon spectaculaire la durée du séjour à l’hôpital et les effets secondaires. C’est une percée extraordinaire. »

« L’Hôpital d’Ottawa semble devenir une destination de choix pour la neurochirurgie mini‑invasive », soutient le Dr Kassam, ajoutant qu’on ne pourrait pratiquer ces chirurgies sans la collaboration d’un groupe d’infirmières, de chirurgiens et d’anesthésiologistes. « Je pense que ce succès témoigne d’un véritable travail d’équipe. »

Au-delà de la neurochirurgie : la chirurgie mini‑invasive est partout à L’HO

L’histoire de M. Shah n’est qu’un exemple du travail incroyable qui contribue tous les jours à sauver des vies grâce au programme de chirurgie mini‑invasive de l’Hôpital.

En 2011, grâce à de généreux dons de la collectivité, L’HO a acquis le système chirurgical da Vinci, un appareil robotisé qui peut être utilisé pour les chirurgies urologiques, gynécologiques et cardiothoraciques aussi bien que pour les chirurgies générales.

« Certains pensent que le système da Vinci est un robot qui fait la chirurgie, mais ce n’est pas le cas », affirme le Dr Rodney Breau, chirurgien oncologue à L’HO et scientifique adjoint à l’IRHO. Le Dr Breau a étudié deux ans aux États-Unis pour apprendre à utiliser le matériel. « C’est un instrument qui nous permet de pratiquer des interventions complexes plus facilement et avec des mouvements plus précis. »

Avec le système da Vinci, le chirurgien pratique tous les aspects de la chirurgie par l’entremise de contrôles perfectionnés et d’une image 3D à haute définition, tous reliés à des instruments miniatures qui font de petites coupures de la taille d’un trou de serrure.

« Grâce à ce robot, les patients d’Ottawa et de la région peuvent être traités ici avec la meilleure technologie qui soit, soutient le Dr Breau. Avec la chirurgie robotisée, nos patients obtiennent de meilleurs résultats après une chirurgie et reprennent plus rapidement leurs activités, ce qui est le souhait de chaque patient. »

Les techniques de chirurgie mini‑invasive améliorent aussi l’expérience des patients qui subissent un pontage gastrique.

« Avant l’avènement des techniques mini‑invasives, la dérivation gastrique exigeait une grande incision, ce qui causait beaucoup de douleur après la chirurgie », explique la Dre Isabelle Raîche, chirurgienne bariatrique. « On a maintenant accès à l’abdomen avec un laparoscope, qui est une toute petite caméra de 10 millimètres. De cette façon, au lieu de faire une incision de 20 centimètres, on pratique maintenant une incision de la taille de mon petit doigt ou de mon pouce. »

« On réduit ainsi les risques d’infection et les hernies, ajoute-t-elle. Et les patients se remettent sur pied beaucoup plus rapidement. »

Le fruit d’une vision

Aujourd’hui, les techniques et la technologie de chirurgie mini‑invasive se retrouvent dans toutes les spécialités chirurgicales de L’HO. Elles améliorent non seulement l’expérience du patient, mais aussi le rendement du système de santé en général, en réduisant les temps d’attente et la durée des hospitalisations.

« Ce n’est pas le fait du hasard, souligne le Dr Breau. C’est plutôt le résultat d’une vision qui, je crois, rapporte beaucoup. »

« Tous les services cliniques ont accès à la chirurgie mini‑invasive, fait remarquer le Dr Poulin. L’incidence sur les patients et le système de santé est incroyable. »